Ombline, un film à découvrir

Ombline est un film dont la gestation a pris des années. Des années de conception, nécessitant pour le réalisateur un long temps d'immersion dans l'univers carcéral, dans l'univers des femmes, afin de comprendre ce qui s'y joue. Un vrai thème, concernant un univers peu connu: celui de la prison, et comment se construire en prison ? Mais aussi un thème essentiel pour la femme: celui de la maternité, qui va révolutionner sa vie. Sortie en salle le 12 septembre.

 

Ca vaut le coup, je connais le jeune réalisateur, son film a été primé à Cannes. Allez le voir, un vrai cinéma d'auteur, qui se bat sur de longues années pour pouvoir réaliser ses films.  Et parlez-en !

 

Je vous laisse découvrir un petit résumé:Alors qu’elle est enceinte de deux mois, Ombline, une jeune femme d’une vingtaine d’années, est incarcérée pour une peine de trois ans. Elle donne naissance à Lucas et le garde auprès d’elle en prison pendant les 18 mois autorisés par la loi. Elle va devoir l’élever et découvrir son rôle de mère au cœur de l’univers carcéral… Un premier film extrêmement maîtrisé, aussi réaliste que romanesque, aussi juste qu’émouvant, porté par une Mélanie Thierry radieuse, mère courage toute en énergie brute.

Le personnage d'Ombline expliqué par Mélanie Thierry

par Ombline, mardi 26 juin 2012, 12:12 ·

Pourriez-vous dépeindre votre personnage ?

 

C'est une jeune femme abandonnée sur tous les plans : sa mère est morte, son père est en prison, elle n'a rencontré que des hommes violents – jusqu'au jour où elle rencontre un type bien qui lui fait un enfant. Et par chance, cet enfant va être sa planche de salut : c'est ce qui la pousse à se ressaisir et à se dépasser. Mais c'est aussi sa rencontre avec Yasmina – une jeune détenue qui doit aussi s'occuper de son enfant en prison – qui va lui donner envie de rebondir, de redémarrer sa vie et de récupérer la garde de son fils.

 

Comment évolue-t-elle au gré du film ?

 

Elle se nourrit de ses rencontres en prison, et s'ouvre progressivement aux autres. Par exemple, Laurence, qui abandonne son enfant dans la nursery, va lui donner un début de conscience politique. Au début, elle est très choquée par cette idée d'abandon, mais plus tard elle entend la souffrance de Laurence, si bien qu'elle se rend compte combien son père, qui lui aussi l'a abandonnée, doit souffrir de ne plus la voir.

Plus tard, quand elle participe à l'atelier de marionnettes, on lui dit qu'elle est douée pour la couture, et elle prend soudain conscience qu'elle sait faire quelque chose de ses mains. C'est la première fois qu'elle se sent capable d'accomplir quelque chose. Cet atelier représente une véritable échappatoire : pendant qu'elle coud, elle a le sentiment d'être ailleurs, dans une autre réalité. Et finalement, là encore, c'est grâce à son fils, pour qui elle a eu envie de confectionner de petits animaux en peluche, qu'elle reprend confiance en elle. Si au début du film, elle s'exprime par les coups, elle essaie peu à peu de canaliser sa violence pour mieux se contenir.

 

Mélanie Thierry nous explique ce qui lui a plu dans le scénario d'Ombline

par Ombline, mardi 26 juin 2012, 12:06 ·

Comment avez-vous réagi en découvrant le scénario ?

 

Au départ, j'ai pensé que ce n'était pas du tout pour moi ! Cela m'arrive souvent et puis je finis par faire le film... Il me semblait que ce rôle conviendrait mieux à une fille plus fragile, et plus violente aussi, mais mon agent a fini par me convaincre. Du coup, je me suis décidée à faire les essais : ce jour-là, j'étais en bonne forme, et dans une dynamique de jeu, car je tournais à l'époque LA PRINCESSE DE MONTPENSIER. Et c'est après les essais que je me suis rendu compte que je pouvais peut-être interpréter ce personnage, en étant crédible : j'ai eu envie de me laisser prendre par ce rôle à la fois magnifique et passionnant.

 

Qu'est-ce qui vous a touchée dans cet univers ?

 

En tant que maman, je me suis sentie d'autant plus concernée et émue car les rapports mère-fils sont très forts et très singuliers dans ce film. Par moments, on sent la douleur que cela peut représenter d'être séparée de son enfant. C'est ce qui m'a permis d'aller à la rencontre des détenues et d'entrer dans ce cagibi où on les enferme et où on ne voit le ciel qu'à travers les barreaux.

Au début, j'étais terrifiée d'aller voir ces femmes en prison : j'étais mal à l'aise à l'idée d'endosser ce rôle pour quelques mois, alors qu'il s'agit de leur quotidien, et qu'elles sont emprisonnées pour des mois, voire des années. Et j'avais peur de leur réaction, qu'elles me parlent avec mépris et se disent, "C'est quoi cette comédienne qui vient nous épier ?" 

 

C'est important pour vous de tourner ce type de film engagé, qui aborde des questions sociales majeures ?

 

C'était essentiel pour moi. Cela m'a beaucoup enrichie car j'ai découvert un monde que j'ignorais totalement. Mon regard sur la prison a totalement changé, même si on n'en sort pas indemne. Ce sont des préoccupations qui étaient loin de moi, et je dois dire que je ne m'y étais jamais penchée. Je me suis pris cette réalité de plein fouet et cela bouscule tout sur son passage.

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