L'Islam en europe: quelques idées

Quelques idées ayant retenu mon attention:

 

"L'Europe a géré cette question à partir de deux paradigmes apparemment contradictoires :

1) le multiculturalisme en Europe du nord.
2) l'assimilationnisme en France.

Mais les deux modèles ont échoué, en fait pour des raisons similaires : les deux postulent qu'il y a un lien intrinsèque entre religion et culture, c'est-à-dire que si on garde sa religion c'est que l'on garde sa culture.

Le multiculturalisme suppose donc que la religion reste incarnée dans une culture d'origine qui se maintiendrait, et l'assimilationnisme suppose que l'intégration entraînerait par définition la sécularisation des croyances et des comportements, puisque les cultures d'origine disparaissent. Or le problème est qu'aujourd'hui le retour du religieux (que ce soit sous des formes fondamentalistes ou spiritualistes) se fait par dissociation d'avec la référence culturelle. Le revivalisme religieux prospère sur la déculturation : les musulmans français veulent être reconnus comme Français et musulmans, et les jeunes born-again de Hollande ou de Grande Bretagne ne veulent pas être identifiés à la culture de leurs parents."


"L'islam dont se réclame beaucoup de « born again », le salafisme, s'oppose explicitement à toutes les cultures nationales, y compris musulmanes, et défend une religion épurée de toutes les influences culturelles et de tous les particularismes locaux, ce qui explique justement l'attrait que le salafisme peut trouver chez des jeunes déculturés, comme les musulmans européens de deuxième génération"


"plus le lien avec le pays d'origine est fort, moins l'islam pratiqué est radical."

"
Lorsqu'une religion, quelle qu'elle soit, se reconstruit en dehors de la culture, elle débouche nécessairement sur des formes de radicalisme."

L'auteur explique que la religion chrétienne est atteinte des mêmes symptômes, il critique le fait que d'un côté, le pape ait voulu inscrire la religion chrétienne dans l'héritage culturel européen et que de l'autre, cette religion refuse le libre usage de ses références par tout le monde, puisqu'une publicité représentant La Cène en remplaçant les apôtres par des femmes peu vêtues a été censurée.

"La «pure» religion est celle qui se détache de toute référence culturelle. En se réservant le contrôle de la gestion des symboles religieux, l'Eglise affirme le contraire de ce qu'elle a voulu dire en insistant sur l'importance de la culture chrétienne en Europe : elle défend non plus une universalité mais une communauté fermée sur elle-même, minoritaire et qui demande à la loi de protéger la sensibilité de ses membres. Elle est dans une logique communautariste, la même que celle qui veut défendre les droits des homosexuels ou interdire les plaisanteries sexistes."

"Les fondamentalismes, chrétiens évangéliques comme salafistes musulmans, l'ont compris depuis longtemps et recrutent sur ce terreau de la déculturation et du déracinement, en offrant comme alternative la pure et virtuelle communauté des vrais croyants"

"Il faut accompagner l'autonomisation du religieux et non lutter contre lui. En fait les autorités politiques ne doivent pas intervenir dans le champ théologique (ce serait la fin de la séparation entre Eglise et Etat), mais favoriser l'autonomie religieuse de l'islam européen par rapport aux cultures des pays d'origine"

Travailler à faire de l'islam une religion européenne ne consiste pas à travailler sur les dogmes, mais à favoriser l'autonomie et l'intégration de l'islam comme « simple » religion (et non comme culture) dans une Europe non pas multiculturelle, mais simplement diversifiée.

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